III- LES HOMMES EN MOINS Création septembre 2006 Anciennes Forges Royales de Guérigny (58). En quelques lignes : Comme au Rwanda ... De nos jours ...Dans un village, quelque part, les assassins sont revenus... Il va donc falloir, pour ceux qui ont survécu à l’horreur, à la perte des êtres aimés, aux dévastations, aux pillages faire avec ces bourreaux, ces spadassins, bon voisinage ... Reprendre les affaires comme dans le temps, comme si de rien n’était et pardonner si cela est nécessaire au bon déroulement de la politique nationale de réconciliation .... Partager les mêmes sentiers, les mêmes commerces ... La même eau, au puits si il le faut... Faire moisson commune et belles écraignes quand vient l’heure de la fin de la récolte... Avoir cet homme à portée de bras et savoir qu’il a massacré toute votre famille ...Et peut être même avoir à le saluer au détour d’une boisson ... Ne pas se venger, ma foi, vous risqueriez la prison, le déshonneur et peut être même la pendaison... « Les hommes en moins » traite de cette insupportable situation où bourreaux et victimes doivent faire front commun à la reconstruction d’une nation... Extrait de : Une saison de machettes, Jean Hatzfeld : « Autrefois je savais que l’homme pouvait tuer un homme puisqu’il en tuait tout le temps. Maintenant, je sais que même la personne avec qui tu as trempé les mains dans le plat du manger, ou avec qui tu as dormi, il peut te tuer sans gêne. Le plus proche avoisinant peut se montrer le plus terrible. Une mauvaise personne peut te tuer de ses dents, voilà ce que j’ai appris depuis le génocide, et mes yeux ne se posent plus pareil sur la physionomie du monde. » Berthe, rescapée Tutsis.
IV- LES MÈRES Création Septembre 2007 aux Anciennes Forges Royales de Guérigny (58) En quelques mots : Elle ne rentrera qu’une fois le devoir accompli… Il faut aller le chercher,ce fils, il faut le ramener vivant ou mort… Partout dans le monde,de nos jours , des mères ne se résignent plus à l’arrachement de la vie de leurs fils, offerts au liesse de la patrie « à l’acharnée d’une guerre » où les morts se fleuvent par milliers… Quelque soit les dangers, les combats, elles lutteront, s’acharneront, jusqu’à creuser, fouiller les fosses, il faut le ramener à la maison à tout prix, ce fils, son enfant... Seules, solitaires, d’autres mères les aideront, les mères de l’ennemi, pour les guider, les nourrir, et se consoler, s’aider… Elles se partageront le ciel et les morts qu’il y a dedans … Alors « Les Mères » parle, de l’impensable solidarité de ces femmes, de ces pays où le sang est tiré, de ces enfants trop jeunes que la terre a recrachés... De ces mères dont le ventre s’est épuisé à jamais... De ces hommes vieillis qui n’ont gardé de la guerre que le goût de leurs anciennes blessures... A l’architecture de la pièce se sont intégrés des chants de deuil, de réconciliation, véritables créations musicales, liés au développement de l’histoire : fruit de la rencontre entre professionnels de l’art lyrique et du théâtre. Pascal Tedes Extrait d'un monologue de Virna Louise : Je m’appelle Virna Louise et je veux simplement retrouver mon fils... Oui mon fils! Celui dont mes bras, sont le monde trop petit... Celui dont les baisers, sont les coutures qui manquent à nos rêves...... Cette brute devait me conduire dans les montagnes, au delà de la ligne de front... Mon fils y était peut être retenu prisonnier…Ou bien il ne m’en resterait que sa charogne ...Oui... Je m’y étais préparée... J’aurais mis ses restes dans un sac et... « C’est tout ce qu’il en reste ma petite dame... Voilà sa plaque, une mèche de ses cheveux... Les chiens s’en sont régalé la grioude et le vent a dispersé son âme à l’étage, y a peut être encore quelques filaments qui se sont pris dans les branches, allez savoir, en remuant l’arbre comme un paquet de noix à vous remplir un panier »... Je savais des hommes, qu’ils avaient repris la mort à leur compte et nos ventres au béant... Qu’ils avaient relevé les filets avec nos enfants dedans... Je savais aussi ce que faisait les rebelles quand ils capturaient un des nôtres... On en avait vu des images à la capitale... Que l’on avait tourné la tête et l’appétit qu’on l’avait perdu... Des gamins, amené à la nuit tombée... Ah mandre et lieu! Il faut que je fasse attention... La nuit tombée, cela devient presque ce que je m’imagine d’un fils dont on a ouvert le ciel au tombeau... A fouiller des baisers dans sa bouche...
V- LA VILLE BASSE Création septembre 2008 aux Forges Royales de Guérigny En quelques mots : Nous sommes quelque part en France… A la périphérie d’une grande ville, il y a une baraque à frites, sa propriétaire y accueille toute une population des plus disparate. Dans « la ville basse » se retrouve toute une maraille de plus en plus nombreuse, de plus en plus miséreuse, et qui s’agglutine et cohabite tant bien que mal dans des « mobil home » des baraquements de fortune, ici se croisent, misère culturelle, sociale, misère des âmes, des sentiments…« la ville basse » c’est aussi, ces pères misérables, alcooloriés, assoiffés de leurs propres filles, buvant leur enfance jusqu'à la baissière… Extrait : C’est le matin il fait chaud, Donna Lee ouvre sa baraque à frites, un homme arrive, lui montre la photo d’une jeune fille, peut-être la sienne ? C’est dans la lourdeur de ces journées d’été que cette pièce à quatre personnages, va se dérouler, que le drame va se jouer, que Donna Lee va se rappeler : « Je sais tout ce qui se passe dans ce quartier ? Je pourrais vous en raconter… C’est la ville basse ici... Faut venir à la levée des âmes... Quand le ciel n’est plus qu’un morceau de peau morte en plus sur les yeux. La nuit est tellement grasse ici bas, qu’à vouloir l’épuiser on s’en met plein les doigts, alors on lui tient sa traîne jusqu’au petit jour... Mais ce godelureau qui vient vers moi, lui ma foi, ça n’a pas été un mort ordinaire. Voilà son histoire mesdames et messieurs, la sienne et celle de sa fille… C’était il y a de cela… »
I- CRÈVE LA GUEULARDE Création au Théâtre des Lisières , Strasbourg - Octobre 2001 *Reprise au centre culturel Jacques Brel , Pantin - Février 2002 *Reprise à la Maison de la Culture de Nevers - Juin 2003 En Quelques mots : Crève la Gueularde, est une exploration sensible et sans faux-semblant de l’être humain, confronté à la réalité de la guerre et plus encore d’après la guerre dans les Balkans. Il y a dans l’occupation des âmes le fait de remplir le peuple d’une nouvelle soumission, celle du ventre et de la descendance... Pascal Tedes Extrait: Monologue du personnage de Bolério Soldat d'avant garde : “Je finissais par croire que je n’avais pas rêvé...que nous avions bien massacré cette famille et que moi, je m’étais diverti avec la fille. Si c’est la vérité... alors je mérite d’être pendu! Non? La guerre avait fini d’avaler sa crécelle... Les rebelles avaient eu leur part de drapeau et nous l’infâme honneur d’être comme dans un réduit où plus personne n’ose prononcer votre nom sans avoir la nauséeuse impression de goûter à vos atrocités.On nous renvoya chez nous! Oui, on nous renvoya à la vie civile tout en nous assurant que cela n’était pas fini et qu’on allait voir. Alors chacun d’entre nous cinq, sans qu’aucune blessure vienne à nous distraire, sommes redevenus le ralenti de nos morts. Je ne sais pourquoi mais je proposai de nous revoir une fois par saison, tous les cinq, comme les bras trop grands d’être d’être encore vivants. Et ce soir, c’était chez moi que cela se passait.
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résumés des créations
II- LE PEUPLE DES RONCES Création juin 2005 et septembre 2005 Anciennes Forges Royales de Guérigny (58) *Reprise Pantin juillet 2005, Lormes Juillet 05, Luzy mars 06, Beaune Juillet 06 En quelques mots : Le peuple des ronces c’est aussi l’histoire d’un silence, du jour de son arrestation, le 9 thermidor jusqu’à son exécution le lendemain, Saint- Just ne dira plus un mot! Il ne parle plus, il pense, se souvient et porte un regard sur les différentes étapes et acteurs de la révolution.... Extrait: Monologue du personnage de Saint-Just : «Il faudrait pouvoir s’enfuir, fermer les yeux... S’éteindre jusqu’à la sombriole, de sybarite éternité, avec juste un frais de cheveux collé au crâne et quelques lentements de vêtements que le soleil assoiffe jusqu’aux lambeaux... là, à attendre le prochain célestage... Mais fuir, fuir c’est donner de la charogne au sommeil, les paupières à la darne. Où bien je devrais me saouler peut-être... Oui, me saouler, l’alcool ça m’ouvre les veines aux morsures des rêves, de voraces encolures... Une bien belle âme de sept lieux, dont la fumée s’en à l’aise... Finir comme un de ces va la soif, d’aigre bouche... Monter à l’échafaud en vociférant les pires insanités? Non, ils n’auront rien de moi, pas un mot... Juste l’arsin de mes restes et la carbatine que ces régisseurs, ces maltousiers, pourront effiger à l’entrée de l’assemblée. Un peu de chaux vive pour que la chair s’encrustace, la chaux c’est le saint suaire de la gueuzaille... Et la peau sarazine , tout le lambris jusqu’aux os qui ne sont que la partie desséchée du sommeil »...
Réalisé par Pierre Otzenberger
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