IV- LES MÈRES
Création Septembre 2007 aux Anciennes Forges Royales de Guérigny (58)
En quelques mots :
Elle ne rentrera qu’une fois le devoir accompli…
Il faut aller le chercher,ce fils, il faut le ramener vivant ou mort…
Partout dans le monde,de nos jours , des mères ne se résignent plus à l’arrachement de la vie de leurs fils, offerts au liesse de la patrie « à l’acharnée d’une guerre » où les morts se fleuvent par milliers… Quelque soit les dangers, les combats, elles lutteront, s’acharneront, jusqu’à creuser, fouiller les fosses, il faut le ramener à la maison à tout prix, ce fils, son enfant... Seules, solitaires, d’autres mères les aideront, les mères de l’ennemi, pour les guider, les nourrir, et se consoler, s’aider… Elles se partageront le ciel et les morts qu’il y a dedans …
Alors « Les Mères » parle, de l’impensable solidarité de ces femmes, de ces pays où le sang est tiré, de ces enfants trop jeunes que la terre a recrachés... De ces mères dont le ventre s’est épuisé à jamais... De ces hommes vieillis qui n’ont gardé de la guerre que le goût de leurs anciennes blessures...
A l’architecture de la pièce se sont intégrés des chants de deuil, de réconciliation, véritables créations musicales, liés au développement de l’histoire : fruit de la rencontre entre professionnels de l’art lyrique et du théâtre. Pascal Tedes
Extrait d'un monologue de Virna Louise :
Je m’appelle Virna Louise et je veux simplement retrouver mon fils... Oui mon fils! Celui dont mes bras, sont le monde trop petit... Celui dont les baisers, sont les coutures qui manquent à nos rêves...... Cette brute devait me conduire dans les montagnes, au delà de la ligne de front... Mon fils y était peut être retenu prisonnier…Ou bien il ne m’en resterait que sa charogne ...Oui... Je m’y étais préparée... J’aurais mis ses restes dans un sac et... « C’est tout ce qu’il en reste ma petite dame... Voilà sa plaque, une mèche de ses cheveux... Les chiens s’en sont régalé la grioude et le vent a dispersé son âme à l’étage, y a peut être encore quelques filaments qui se sont pris dans les branches, allez savoir, en remuant l’arbre comme un paquet de noix à vous remplir un panier »... Je savais des hommes, qu’ils avaient repris la mort à leur compte et nos ventres au béant... Qu’ils avaient relevé les filets avec nos enfants dedans... Je savais aussi ce que faisait les rebelles quand ils capturaient un des nôtres... On en avait vu des images à la capitale... Que l’on avait tourné la tête et l’appétit qu’on l’avait perdu... Des gamins, amené à la nuit tombée... Ah mandre et lieu! Il faut que je fasse attention... La nuit tombée, cela devient presque ce que je m’imagine d’un fils dont on a ouvert le ciel au tombeau... A fouiller des baisers dans sa bouche...